La Gare, à cette heure, n’est que passages et faciès. La gare, sans toi, n’est qu’illuminée par les ampoules et l’instant qui serpente. La gare, sans que tu y passes, n’est que la nuit sans lumière, la gare sans tes yeux sombres n’est que plongée dans le noir. Je t’aimerai jusqu’à ce soir, dans le froid aride qui s’abat sur nous, jusqu’à demain matin, quand tout sera gelé, transi, tuméfié, meurtri et indélébile. Jusqu’à repartir au matin trop froid pour être blême, jusqu’à t’attendre figé dans la banquise, un soir d’abribus désolé et de blancs d’yeux échangés. |